Une bien triste nouvelle…

Alors que nous avions la tête dans les étoiles avec le Printemps du livre, nous avons appris avec une grande tristesse le décès de Gérard Dhôtel, qui aurait dû être parmi nous cette année.

Nous attendions avec impatience de pouvoir rencontrer cet homme qui a tant fait pour raconter l’histoire et la société aux enfants et aux adolescents. Journaliste, il a longtemps été le rédacteur en chef du Monde des ados, avant de se consacrer à l’écriture de livres à destination de la jeunesse, notamment avec la collection Ceux qui ont dit non, chez Actes Sud junior, dont il a signé les titres Louise Michel : Non à l’exploitation et Victor Schoelcher : Non à l’esclavage.

Nous vous avions parlé il y a quelques temps d’Israël-Palestine : une terre pour deux, qui a reçu la Pépite du meilleur livre documentaire à Montreuil en 2013. Son livre Comment parler de l’Islam aux enfants m’avait tout autant passionnée.

Avec ses livres sur les Vrais/faux (de l’histoire, des animaux, du corps humain…) accessible aux plus jeunes, il a réussi à intéresser les enfants à travers des questions ludiques qui passent au crible nombre d’idées reçues sur différents thèmes.

Il existe encore bien d’autres livres de Gérard Dhôtel à découvrir, son travail dans le monde du documentaire jeunesse était très important.

Murielle Szac, directrice de la collection Ceux qui ont dit non, a annoncé vendredi son décès sur sa page Facebook, avec des mots plus beaux que ceux que nous pourrions trouver, elle qui le connaissait bien : « Notre ami, notre frère Gérard Dhôtel nous a quitté cette nuit. Nous sommes bouleversés. La force de son humanité, de son incroyable générosité, son talent, ses convictions, son engagement pour une presse de valeur, pour un monde plus juste, et tout ce qui faisait de lui non seulement un grand journaliste et un grand auteur mais plus que tout une belle personne, resteront à jamais parmi nous.« 

OOook !

 La Mort est venu (*) faucher Terry Pratchett

Je ne sais pas si vous connaissez bien les annales du Disque-Monde de Terry Pratchett. Quoi qu’il en soit, son départ me rend triste et me donne envie de vous présenter une figure de ses romans.

Un personnage qui me tient à cœur, vous allez vite comprendre pourquoi.

C’est lui !

Le bibliothécaire - Paul Kidby

Il fait peur, hein ?

Il s’agit du BIBLIOTHECAIRE !! (ça change du chignon et des lunettes.)

Cet orang-outang est LE bibliothécaire de l’Université de l’Invisible (l’école des mages). Il ne se nourrit que de bananes, of course, et s’exprime uniquement en « Oook », mais il sait très bien se faire comprendre. Il règne sur des rayons pleins de livres très dangereux, remplis de sorts. Certains mordent, d’autres sont fermés par des chaînes… C’est d’ailleurs à cause (ou grâce) à ces derniers qu’il est un orang-outang.

Mais Terry en parle mieux que moi et avec bien plus d’humour :

« Il existe peut-être des univers où la fonction de bibliothécaire passe pour paisible, où les risques se limitent à la chute de forts volumes sur la tête, mais tenir une bibliothèque magique n’est pas un boulot pour étourdis. Les sortilèges sont puissants, et les coucher sur le papier pour les comprimer entre des couvertures, ne les affaiblit en rien. Il se produit des fuites. Les livres ont tendance à réagir les uns vis à vis des autres, libérant une magie vagabonde dotée d’une personnalité. Les ouvrages de magie sont d’ordinaire enchaînés à leurs étagères, mais ce n’est pas pour empêcher qu’on les vole…

Un accident de ce genre avait transformé le bibliothécaire en singe, après quoi il s’était opposé à toute tentative de lui redonner son aspect initial, expliquant par signes que la vie de l’orang-outang était de loin supérieure à celle de l’humain car toutes les grandes questions philosophiques revenaient à se demander de quel côté viendrait la prochaine banane. Et puis, de longs bras et des pieds préhensiles, c’était l’idéal pour atteindre les rayonnages du haut. »

So long, Terry

Le bibliothécaire - Paul Kidby           Pour savoir où trouver les livres de Terry Pratchett, cliquez sur l’image

(*) Pour celles et ceux qui ne sont pas au courant La Mort est un homme

 

Voici partir un Barbapapa…

Talus Taylor, qui avait créé les personnages des Barbapapa dans les années 70 avec sa femme Annette Tison, est décédé le 19 février à l’âge de 82 ans.

talus taylor et annette tysonCes personnages colorés, en forme de poire, transformables à volonté, ont été inventés un peu par hasard dans un restaurant, après avoir entendu un enfant réclamer à ses parents quelque chose qui s’appelle « Baaa Baaa Baaa Baaa » ! Ils en ont fait une dizaine d’albums, d’abord parus à L’Ecole des Loisirs, puis aux Editions du Dragon d’or (aujourd’hui chez Gründ). Ils ont été traduits en plus de 30 langues, avant d’être adaptés sous forme de dessins animés.

J’ai 30 ans. Je n’ai pas connu les Barbapapa quand j’étais petite.  Je les connaissais bien sûr, parce que tout le monde les connaît, mais j’imaginais ça comme quelque chose d’un peu gnangnan. En fait, je les ai redécouvert un peu par hasard avec mon fils, d’abord par les dessins animés.

Malgré le graphisme un peu désuet, j’ai été complètement séduite par l’originalité et l’étonnante modernité qui se dégageaient des aventures des Barbapapa. Les Barbapapa, c’est une famille peu commune : le papa est rose, la maman est noire et les enfants sont multicolores, je ne peux m’empêcher d’y voir un joli symbole de mixité et de tolérance.

Et puis les thèmes abordés au cours de leurs aventures sont plus actuels que jamais : ils partent à la découverte du monde, de la nature, à la rencontre d’autres cultures, à la rescousse d’animaux en danger : des écolos avant l’heure ! Ils sont toujours prêts à s’entraider, avec amour et bienveillance.

Il me semble que ce sont des valeurs importantes à transmettre à nos enfants, alors vraiment, replongeons-nous avec eux dans les aventures des Barbapapa, en livres ou dessins animés.

Tiens ! Un nouveau livre pour les bébés grenoblois.

Ce n’est pas une surprise, l’auteur c’est Ramona Badescu, la maman de Pomelo.

« Parce que tout commence avec les mains, ce premier théâtre. Cette première danse. Ce premier langage qui se présente à l’enfant qui arrive. A l’étranger aussi. Parce que écrire pour l’enfance, mais écrire tout court est pour moi avant tout le tissage d’un lien. Un lien symbolique, immatériel, celui dont le fil est le langage, capturé dans cet objet bien concret, bien matériel lui, cette robe de page qu’est le livre. »

tiens !

La Ville de Grenoble a accepté qu’elle fasse une création pour les bébés grenoblois, ce qui lui a permis de faire son premier livre toute seule. Elle est venue en avril à Grenoble, en résidence à la bibliothèque Abbaye-les-bains, pour faire des photos de mains. Des mains des bébés de l’EAJE Abbaye, des petits de l’école maternelle Léon Jouhaux, des parents, des adultes, des bibliothécaires, bref, elle a fait plus de mille photos. Après, elle a dû trier, regarder, assembler dans un sens, dans un autre, mettre ensemble les images qui se ressemblent et qui se reflètent, choisir les couleurs, la typo…

Ça c’était difficile. Vous savez, Ramona est délicieusement lente, et là elle n’avait vraiment pas beaucoup de temps. Dans l’ombre, il faut que vous sachiez qu’il y avait Brigitte Morel, la grande et belle éditrice des Grandes Personnes, qui fait de si beaux livres, particulièrement soignés et improbables. Bref, ce livre, je l’adore, pas seulement pour ses photos, mais aussi pour les petites phrases de Ramona comme « Et pas à pas, tiens ton chemin » ou « Tiens, attrape de tes deux mains ».

Ce livre sera offert aux bébés à partir du 18 octobre avec leur carte de lecteur dans les bibliothèques de Grenoble, et il sera dans toute la France en librairie à partir du mois de janvier.

Iela n’est plus là

La littérature jeunesse est faite de bijoux : les textes et les images nous font souvent voyager, rêver, imaginer… 

Les aventures d'une petite bulle rouge

Iela Mari vient de nous quitter et je voulais lui rendre hommage, car ses livres ont toujours eu sur moi cet effet un peu magique. Peu voire pas de texte, des images d’une grande simplicité graphique, des couleurs en aplat parfaitement choisies : des livres épurés qui racontent des histoires d’une grande poésie, toujours proches de la nature.

Elle a publié son premier livre, Les aventures d’une petite bulle rouge, en 1968, suivi de près par L’arbre, le loir et les oiseaux. Elle a également créé des livres avec son mari, l’artiste Enzo Mari, notamment La pomme et le papillon, qui évoque le cycle des saisons et de la vie avec une grande sensibilité.

Quand je pense à cette sensibilité, je ne peux m’empêcher d’évoquer les illustratrices Anne Crausaz et Emilie Vast, chez qui on retrouve ce goût pour la nature, un trait simple et des couleurs fortes et qui sont pour moi les dignes héritières des illustrations poétiques de Iela Mari.

L'oeuf et la pouleLa pomme et le papillonL'arbre, le loir et les oiseauxLes animaux dans le pré