Deux avis pour 100 000 canards

« Anatidaephobia (n.f) : Peur panique à l’idée d’être observé, où que l’on se trouve, par un ou des canards. »

100000 canardsLorsque Ginger – appelez la Gin- arrive à Merrywaters, probablement le village le plus paumé de toute l’Angleterre, pour assister au Nightfest, elle s’attend à vivre l’expérience la plus folle de toute sa vie. Elle est pourtant loin d’imaginer ce qui va arriver…

L’avis d’Amandine, stagiaire :

Expérience troublante dont je ressors sceptique. Qu’en dire, sinon que ce livre ne ressemble à aucun autre, et qu’il s’agit d’un délire mené du début à la fin ? Il faut sans doute le prendre pour ce qu’il est : une première dans les histoires de zombies, où les zombies sont remplacés par des canards. Pour ma part, beaucoup d’interrogations et tout de même quelques fous rires lors de cette lecture.

L’avis de Laurence :

Bon je sais que certaines de mes collègues n’ont pas aimé ce livre, que voulez-vous personne n’est parfait ! Moi j’ai tout simplement adoré  en fait j’ai beaucoup ri.

Pourquoi ? Ce livre est un véritable hommage aux films de Tarantino et à l’univers Zombie mais l’humour en plus. En fait vous remplacez les zombies par des… canards oui oui j’ai bien dit des canards !!! Mais attention des canards supers méchants qui vont décimer tout un village. Si je vous dis qu’en plus dans ce roman vous rencontrerez les Village People, Stevie Wonder et bien d’autres… C’est n’importe quoi ? Oui mais c’est ça qui est drôle.

Dernière précision l’auteur Thomas Carreras a tout juste 20 ans, et à mon avis, une belle carrière devant lui.

Quant à moi je vais dorénavant me méfier des canards sait-on jamais….

Dans quelle(s) bibliothèques trouver ce livre ?

Le mystère des livres que tout le monde aime…

Vous avez surement déjà choisi un livre parce que tout le monde vous en disait du bien. Moi, ça m’est arrivé avec…

le mysterieux cercle benedict

mysterieux cercle benedictJe voyais les lecteurs de la bibliothèque le rendre avec des étoiles plein les yeux, jusqu’au jour où ma collègue Clara l’a également emprunté. Et là, nous avons perdu le soldat Clara. Elle ne nous répondait plus, toujours le nez dans son livre et je la soupçonne même de l’avoir lu en pédalant sur son vélo.

J’ai donc emprunté ce livre avec un peu d’appréhension… celle d’être déçue.

Hé bien je ne l’ai pas été !!! Le mystérieux cercle Benedict, c’est une sorte de Club des cinq (mais à quatre) avec une enquête à résoudre autour d’une machine démoniaque : « le murmureur ».

Si vous voulez faire connaissance avec la fabuleuse Kate aux cheveux d’or, le timide Sticky, Reynie le rusé ainsi que la petite et obstinée Constance, pas d’hésitation plongez dans ce livre.

Au fait, maintenant c’est moi qui ai des étoiles plein les yeux quand je conseille ce livre et ô joie, c’est une série en 4 tomes !

Dans quelles bibliothèques trouver ces livres ?

nicholas benedict

Ouvrir les yeux…

 Eben, adolescent namibien à la peau sombre et aux yeux bleus, découvre un jour que ces yeux bleus lui viennent de la colonisation allemande de son pays, qui se termina par le génocide de sa tribu, les Héréros, au début du XXe siècle.

eben

Comme Elise Fontenaille l’a déjà fait dans plusieurs de ses livres, elle part de faits réels pour nous faire découvrir des pans de l’Histoire souvent méconnus. Il s’agit là du terrible génocide qui a eu lieu en Namibie au début du XXe siècle, qui a fait 75 000 victimes. C’est un peu par hasard, en faisant des recherches sur son arrière-grand-père, le général Mangin, qu’elle a déterré cette sombre page de l’histoire, et c’est ainsi qu’est né le personnage d’Eben (ainsi que le livre Blue book pour adultes qu’elle a publié en même temps).
On découvre avec horreur dans ce récit, non seulement l’extermination de tout un peuple mis en œuvre par le général allemand VonTrotha, mais également les expériences scientifiques qui ont été faîtes sur des Hereros afin de prouver que les Noirs étaient des êtres inférieurs, et que l’on pouvait donc les exterminer afin de laisser l’Afrique aux Blancs. Ces expériences étaient commanditées par Eugen Fischer, grand inspirateur d’Hitler…
Le récit est terrible, puissant et poignant, et le message du devoir de mémoire passe de façon très forte. Elise Fontenaille sait très bien nous faire ressentir la rage qui envahit Eben et qui l’amènera à agir, donnant au récit final une note d’espoir.

Dans quelle(s) bibliothèque(s) trouver ce livre ?

Divergente, 3 tomes, 400 pages…et pas mal d’ennui

Maman d’une fille de 15 ans et bibliothécaire, j’ai parfois des idées farfelues pour me tenir au courant des trucs d’ados : genre lire les 3 tomes de Divergente pendant mes congés d’été !

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Le pitch (on peut dire ça aussi pour les livres, pour avoir l’air dans le coup ?!) des livres est le suivant : un monde post-apocalyptique dans la région de chicago, divisée en 5 factions selon le trait de caractère dominant des personnes qui les composent (Altruiste, Audacieux, Erudit, Sincère et Fraternel).

Quand l’histoire commence, Tris, l’héroïne de 16 ans (roman ado oblige)est au seuil du rite de passage à l’âge adulte qui consiste à décider grâce à un test à quelle fonction on appartient et par conséquent quelle genre de vie on aura. Bien entendu Tris est spéciale : elle est Divergente. Ce sont des individus particuliers, sans prédisposition pour une faction et qui sont traqués par le gouvernement.

Vous l’aurez compris, il s’agit d’un récit sur le passage à l’âge adulte, sur l’impact des choix sur le mode de vie. Au début, on est plutôt agréablement surpris, le style est simple mais le scénario a quelques originalités qui donnent envie de poursuivre la lecture. La description du monde futur, des différentes factions et même du fameux choix de Tris est plutôt plaisant, un petit côté Harry Potter, en moins bien écrit quand même.

Le style est d’ailleurs le gros problème de ces livres, une écriture pauvre, des phrases courtes, des descriptions minimalistes et une psychologie des personnages totalement inexistante. Pour vous dire : il y a une histoire d’amour, bien sûr, mais niaise, molle, lassante. L’héroïne est sensée être une femme forte, courageuse, déterminée, mais en amour, elle est pire que Cendrillon ! quasi une Blanche Neige, c’est dire ! Bref, déjà dans le premier tome on se disait que l’histoire traînait un peu en longueur, que le scénario, basé sur une bonne idée, essoufflait un peu vite. Dans les 2 tomes suivants, l’histoire avance à tout petits pas et avec une totale prévisibilité. Le 1er tome pose les bases de l’histoire, le 2e nous fait entrer dans la rébellion contre le système en place, et le 3e nous explique ce qu’il se passe de l’autre côté de la barrière.

L’intrigue se déroule lentement, l’héroïne va bien entendu souffrir dans sa chair en perdant des êtres aimés mais grâce au « talent » de l’auteur…On s’en fiche !! Même la fin du livre qui se veut originale et non « happy end » n’est que soulagement d’en finir enfin. Notons quand même que l’auteur n’a pas 25 ans et que je ne sais pas à quel point la traduction a empiré le style déjà pauvre. Bref, j’ai lu les 1300 pages sans trop de difficultés mais sans la moindre émotion non plus.

Automne, c’est de saison me direz-vous …

Suite au conseil d’une collègue, j’ai décidé de lire ce roman …

AutomneIl attire l’œil avec une très belle couverture et un résumé alléchant en quatrième avec la phrase qui tue : « un roman souvent comparé à La Route de Cormac McCathy ».

Et oui, si vous avez lu ce roman de cet auteur américain (ou vu son adaptation en film) vous aurez compris que Automne est un roman post apocalyptique, un sous genre de la Science-fiction. Le post-apocalyptique est un genre dans les littératures de l’imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique) très en vogue en ce moment au vu du nombre de romans publiés, séries télé ou films (genre Hunger games). Il est toujours question de fin de l’humanité, comment survivre dans un environnement devenu hostile. C’est à la fois la fin de la civilisation et un nouveau départ, car la plupart des œuvres post-apocalyptiques se servent du décor « fin du monde » pour amener une réflexion sur la place de l’Homme par rapport à ses semblables et à la société d’aujourd’hui.

L’histoire …

Nanna a douze ans, sa petite sœur Fride six. Elles survivent recluses depuis 6 ans dans le bunker souterrain d’une maison sur une petite île, en compagnie de leur père. La famille a quitté la ville alors que Fride était encore bébé, fuyant une épidémie qui a complètement ravagé plantes et animaux, laissant des paysages morts abandonnés par les humains. Mais aujourd’hui, la nourriture vient à manquer, et le père des filles tombe gravement malade. Il les envoie alors vers la grande ville, afin de trouver des médicaments. Commence alors un long périple pour Nanna et Fride.

J’ai particulièrement apprécié le ton de ce roman, il y a toujours de l’espoir malgré les péripéties des deux fillettes, pas d’apitoiement ou de sentimentalisme avec une galerie de personnages très attachants.  Une belle découverte. Merci collègue !

 Dans quelles bibliothèques trouver ce livre ?