Plongée féérique

Ben et Maïna vivent avec leur père tout en haut d’un phare sur une petite île. Pour les protéger des dangers de la mer, leur grand-mère les emmène vivre à la ville. Ben découvre alors que sa petite sœur est une Selkie, une fée de la mer dont le chant peut délivrer les êtres magiques du sort que leur a jeté la Sorcière aux hiboux. 

Affiche Le chant de la merJ’avais envie de regarder ce film, Le chant de la mer, mais j’avoue que je ne m’attendais pas à ça. Ça ? Eh bien tout d’abord un univers graphique magnifique (je n’avais pas vu Brendan et le secret de Kells* du même réalisateur donc je ne savais pas à quoi m’attendre). Des paysages marins, en passant par les dessins d’enfants, jusqu’aux jeux de lumières, tout est sublime. J’ai vraiment été impressionnée par ce petit bijou que l’on m’offrait à voir.

Vous ajoutez à cela des expressions de visages très vivantes et très variées. Ce n’est pas grand-chose mais cela donne beaucoup plus de profondeur aux sentiments qui animent les personnages, on les comprend mieux et on est ainsi bien plus emporté par la magie de ce film.

Enfin pour finir une belle histoire qui combine une superbe aventure pleine de rebondissements et de découvertes et des personnages qui évoluent au fur et à mesure de ce voyage étonnant. On découvre ainsi tout au long de ce film des légendes et des sonorités de musiques celtiques tout en douceur.

Dans quelles bibliothèques trouver ce film d’animation ?

*Disponible également sur la plateforme ciné VOD

Enfants et résistants

Juin 1940. L’armée française ne parvient plus à repousser les forces militaires allemandes. Le maréchal Pétain signe alors l’armistice avec l’Allemagne nazie, avant de devenir le chef de cette France occupée. Mais dans un petit village de France, trois enfants, François, Eusèbe et Lisa, refusent de se soumettre à l’ennemi. Mais comment s’opposer à un si puissant adversaire quand on n’a qu’une dizaine d’années ?

Couverture du tome 1 de la BD les enfants de la résistance« Les enfants de la résistance » est l’un de mes derniers coups de cœur en BD jeunesse. Tout d’abord le contexte historique est très bien décrit et on sent bien que cette BD se base sur une vraie recherche historique, même s’il s’agit d’une histoire inventée. On en a d’ailleurs un aperçu à la fin de la BD avec quelques explications sur certains passages de l’histoire inspirés de faits réels ou encore sur le site interactif de la bande dessinée.

Ce que j’ai beaucoup aimé c’est que cette BD dépeint très bien aussi l’état d’esprit des personnes à cette époque, on est loin d’un étalage de faits historiques. On peut voir la résignation, la peur, le sentiment de révolte et on est amené à découvrir avec François que ces allemands qu’il déteste ne sont parfois pas toujours des « méchants » et que son oncle qu’il adore vit très bien de ce régime de collaboration que François veut combattre.

Mais surtout Benoit Ers et Vincent Dugomier ont réussi cet exploit de nous donner à lire une BD qui tout en étant pédagogique ne nous donne pas l’impression de lire quelque chose de didactique. On est vraiment embarqué dans une aventure très prenante avec ses risques, ses stratagèmes et les conséquences que peuvent avoir leurs actions sur la vie des autres.

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Ouvrir les yeux…

 Eben, adolescent namibien à la peau sombre et aux yeux bleus, découvre un jour que ces yeux bleus lui viennent de la colonisation allemande de son pays, qui se termina par le génocide de sa tribu, les Héréros, au début du XXe siècle.

eben

Comme Elise Fontenaille l’a déjà fait dans plusieurs de ses livres, elle part de faits réels pour nous faire découvrir des pans de l’Histoire souvent méconnus. Il s’agit là du terrible génocide qui a eu lieu en Namibie au début du XXe siècle, qui a fait 75 000 victimes. C’est un peu par hasard, en faisant des recherches sur son arrière-grand-père, le général Mangin, qu’elle a déterré cette sombre page de l’histoire, et c’est ainsi qu’est né le personnage d’Eben (ainsi que le livre Blue book pour adultes qu’elle a publié en même temps).
On découvre avec horreur dans ce récit, non seulement l’extermination de tout un peuple mis en œuvre par le général allemand VonTrotha, mais également les expériences scientifiques qui ont été faîtes sur des Hereros afin de prouver que les Noirs étaient des êtres inférieurs, et que l’on pouvait donc les exterminer afin de laisser l’Afrique aux Blancs. Ces expériences étaient commanditées par Eugen Fischer, grand inspirateur d’Hitler…
Le récit est terrible, puissant et poignant, et le message du devoir de mémoire passe de façon très forte. Elise Fontenaille sait très bien nous faire ressentir la rage qui envahit Eben et qui l’amènera à agir, donnant au récit final une note d’espoir.

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Automne, c’est de saison me direz-vous …

Suite au conseil d’une collègue, j’ai décidé de lire ce roman …

AutomneIl attire l’œil avec une très belle couverture et un résumé alléchant en quatrième avec la phrase qui tue : « un roman souvent comparé à La Route de Cormac McCathy ».

Et oui, si vous avez lu ce roman de cet auteur américain (ou vu son adaptation en film) vous aurez compris que Automne est un roman post apocalyptique, un sous genre de la Science-fiction. Le post-apocalyptique est un genre dans les littératures de l’imaginaire (SF, Fantasy, Fantastique) très en vogue en ce moment au vu du nombre de romans publiés, séries télé ou films (genre Hunger games). Il est toujours question de fin de l’humanité, comment survivre dans un environnement devenu hostile. C’est à la fois la fin de la civilisation et un nouveau départ, car la plupart des œuvres post-apocalyptiques se servent du décor « fin du monde » pour amener une réflexion sur la place de l’Homme par rapport à ses semblables et à la société d’aujourd’hui.

L’histoire …

Nanna a douze ans, sa petite sœur Fride six. Elles survivent recluses depuis 6 ans dans le bunker souterrain d’une maison sur une petite île, en compagnie de leur père. La famille a quitté la ville alors que Fride était encore bébé, fuyant une épidémie qui a complètement ravagé plantes et animaux, laissant des paysages morts abandonnés par les humains. Mais aujourd’hui, la nourriture vient à manquer, et le père des filles tombe gravement malade. Il les envoie alors vers la grande ville, afin de trouver des médicaments. Commence alors un long périple pour Nanna et Fride.

J’ai particulièrement apprécié le ton de ce roman, il y a toujours de l’espoir malgré les péripéties des deux fillettes, pas d’apitoiement ou de sentimentalisme avec une galerie de personnages très attachants.  Une belle découverte. Merci collègue !

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Une balançoire pour deux… ou plus

Norbert. Robert. La campagne. Une balançoire. Un oiseau pour seul témoin. Norbert veut faire de la balançoire. Robert aussi. Le ton monte.

papy

Papy est appelé à la rescousse. Mais Papy perd pied. Alors Mamie arrive et va tout régler à sa façon, sans pour autant mettre tout le monde d’accord.

Je suis absolument fan de la chute de cette histoire mais surtout des expressions sur les visages des personnages. Une histoire très drôle à lire à deux voix (testé et approuvé pendant les lectures au parc estivales) !

Encore une fois on retrouve avec plaisir le duo Matthieu Maudet et Jean Leroy a qui on doit déjà d’excellents livres pour les plus petits comme Les orteils n’ont pas de nom, Trop, Une faim d’ogre.

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